Intervention de Dominique Mélé à la réunion publique des communistes espagnols, Izquierda Unida et Podemos à Bilbao, le 20 juin, pour les élections législatives espagnoles.


Chers camarades,

A__F3F8En mon nom et au nom du Parti Communiste Français que je représente aujourd’hui, je vous remercie de votre invitation et je suis très heureux d’être parmi vous, camarades, pour partager l’expérience que nous vivons en France actuellement.

Notre pays est comme le vôtre, en pleine ébullition, mais vous, vous approchez de votre élection du 26 juin, Nous, nous sommes à un an des prochaines élections présidentielles et législatives et la situation politique est en pleine évolution.

Le Président Hollande et le gouvernement du 1er Ministre Valls, soutenus par la direction du Parti socialiste, s’enfoncent et s’entêtent dans des choix ultralibéraux rejetés par le pays :
- La déchéance de nationalité,
- L’état d’urgence,
- La réforme territoriale qui prive nos communes de la majeure partie de leur autonomie politique et de gestion ; qui s’attaque à la démocratie de proximité ; qui diminue violemment les dotations d’Etat,
- La loi Macron qui libéralise les lignes d’autobus ; qui accroit le travail du dimanche et de nuit ; qui limite le rôle des prud’hommes ; qui affaiblit le code du travail ; qui privatise l’industrie de l’armement et les aéroports qui assouplit les normes environnementales…

Les attaques contre les services publics. Et maintenant la loi travail qui soulève les foules. Ces choix sont à l’opposé des promesses électorales. Ces choix ultra-libéraux nuisent à la grande majorité des citoyens. Ces choix sont indignes d’un pouvoir qui se dit de gauche, qui se dit socialiste. Mais je crois que vous avez connu cette situation avec le PSOE. Pourtant en 2012, le Président de la République Hollande avait affirmé que son « ennemi était la finance"

La loi « travail » dite El Khomri, protège les plus riches et précarise les jeunes, les employés, les ouvriers ; et depuis des semaines, les mobilisations s’élargissent, touchant des pans entiers de notre économie. Les motivations sont claires.

Si la loi passe, la hiérarchie des normes serait renversée. Pour abaisser les droits et protections des salariés, l’accord d’entreprise prévaudrait sur le Code du travail.

Si la loi passe, les licenciements seraient facilités. Si la loi passe, le patronat pourra faire approuver un accord par référendum en contournant les délégués syndicaux. Bel outil pour le chantage à l’emploi. Si la loi passe, le taux des heures supplémentaires pourrait être réduit Malgré la contestation et la demande de retrait de cette loi, le gouvernement a choisi d’arrêter les débats et de passer la loi en force, en première lecture. La mobilisation continue ; et face à ce rejet massif, le gouvernement, le patronat, la droite et son extrême font déferler un flot d’injures, de calomnies et de violences contre les syndicats, et la CGT en particulier. Indigne et dangereuse, cette stratégie grossière de criminalisation de l’action syndicale prouve bien l’enjeu qu’il y a derrière cette loi.

Criminaliser pour éviter de parler de son contenu néfaste pour le monde du travail

Mais nous ne sommes pas dupes !!

Où est la démocratie ?

Où sont les valeurs de la gauche quand le Président Hollande prétend même interdire les manifestations après le magnifique et puissant défilé des salariés et de la jeunesse du 14 juin, au prétexte que des casseurs, connus, identifiés, ont semé, une fois de plus, la violence en s’attaquant, notamment à l’hôpital Necker pour enfants à Paris ?

Le PCF condamne sans réserve ces bandes de casseurs qui sèment le chaos et qui n’ont rien à voir avec les manifestants qui luttent pour défendre leur revendication face à une loi scélérate

Mais nous condamnons aussi ce gouvernement qui utilise de manière minable ces faits condamnables, pour tenter de discréditer les manifestants et les syndicats et la CGT en particulier, et pour espérer dissuader les salariés de participer aux manifestations. Ce jeu est dangereux pour la démocratie et l’équilibre de notre République, surtout avec une extrême droite à l’affût. Cette menace d’une interdiction de manifester, exprimée par le chef de l’État et le premier ministre, est un signe extrêmement préoccupant de fébrilité dans un moment où, tout au contraire, notre démocratie et notre République doivent affirmer avec force leurs principes et leurs valeurs essentielles. Les communistes appellent donc le pouvoir à ne pas perdre son sang-froid, à reprendre la négociation et à agir pour assurer la sécurité des biens et des personnes et celle du droit de manifester.

Le gouvernement ne peut se soustraire à ses responsabilités en s’attaquant à une liberté constitutionnelle qui permet de faire entendre le rejet de la loi El Khomri, dans l’unité et sans violence.

La fébrilité de l’exécutif se transforme en autoritarisme, et porter atteinte au droit constitutionnel de manifester serait un sommet de la criminalisation syndicale.

Alors même que la confédération internationale des syndicats pointe sur plusieurs pages les atteintes et violation des libertés syndicales, où sont les voyous ? Où est la violence ?

Où est l’irresponsabilité des syndicats lorsque ce sont les Cheminots qui défendent la Gare Montparnasse ou les infirmiers en grève qui tentent de protéger l’Hôpital Necker ?

L’urgence est à la mobilisation, car le gouvernement menace, et c’est pour cela que la meilleure réponse, c’est de manifester les 23 et 28 juin prochain. Voilà, chers camarades, un point rapide de la situation. Nos parlementaires sont déterminés à poursuivre le combat. Ils ont déposé, avec des parlementaires socialistes et écologistes, une proposition de loi Travail alternative. Ils seront à l’initiative d’une motion de censure de gauche si le gouvernement décide de passer à nouveau en force. Oui, les communistes sont déterminés. Nous demandons des comptes au patronat sur l’utilisation des 40 milliards d’euros d’argent public, versés en contrepartie de créations d’emplois qui n’ont jamais été réalisées.

Déterminés

A écrire un code du travail du 21ème siècle

A augmenter les salaires et baisser le temps de travail à 32 heures par semaine

A créer une sécurité d’emploi et de formation garantissant à tout salarié la possibilité d’alterner périodes d’emploi et de formation sans passer par la case chômage.

A prendre le contrôle du crédit bancaire, de l’argent public donné aux entreprises pour financer des programmes de créations d’emplois et de formations qualifiantes, de recherche et d’innovation.

A donner aux salariés des droits et pouvoirs nouveaux d’intervention dans les choix des entreprises.

Avant ces nouvelles élections présidentielles de 2017, nous sommes déterminés à donner la parole au peuple.

Nous proposons de faire grandir une démarche collective, populaire et citoyenne pour qu’un ou une candidate de gauche puisse représenter les intérêts et les aspirations populaires dans cette échéance, qu’ils puissent rassembler cette majorité de la gauche et du peuple en attente d’une perspective de changement profond et durable.

C’est un objectif politique de haut niveau

En Espagne et en France, en Europe et dans le monde nous avons tous un bout de la solution. Nos exigences rassemblées doivent former un mandat populaire pour construire la société que nous voulons : Solidaire, fraternelle, émancipatrice, anticapitaliste, progressiste. Et pacifique : car les peuples sont pacifiques et veulent vivre dans la paix, tellement absente avec les drames du Proche-Orient. Et justement, je déplore enfin une dernière caractéristique affreuse de ce gouvernement socialiste, qui s’est transformé en marchand d’armes, le 2ème ou le 3ème du monde, et de préférence aux pires régimes politiques de cette région actuellement devenue un immense champ de bataille des impérialismes. Chacun de nos peuples a besoin des autres pour que tout cela cesse !

Merci encore, chers camarades, de votre invitation.

Au nom du PCF et de tous mes camarades, je vous souhaite de gagner cette élection.

i Unidos, podemos !

 
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