Plusieurs centaines de salariés et de syndicalistes, mais aussi d’élus se sont rassemblés, le 28 mai, place Henriot à Paris, à proximité immédiate de l’Assemblée nationale où on été débattue les propositions de loi des députés communistes et du parti de gauche.
Venant à la rencontre des participants, Marie-George Buffet a quitté quelques minutes l’hémicycle où elle défendait l’une proposition de loi, celle visant à interdire les licenciements, une proposition qu’elle a qualifié « d’utilité publique ».
Voilà 10 jours que l’entreprise Celanese a annoncé le licenciement de 355 travailleurs à Pardies.
L’annonce était attendue : il y a deux mois déjà, une déclaration des dirigeants texans de cette multinationale avait suscité angoisse et colère dans toutes les familles des salariés de Celanese. Aujourd’hui, je suis venue vous exprimer notre solidarité. Mais au-delà de cette solidarité, je suis aussi venue vous dire la détermination des communistes à se battre pour défendre et promouvoir, partout en France, notre outil industriel, votre savoir-faire, notre capacité à produire ce dont nous avons besoin.
La désindustrialisation est un mot que je ne veux plus entendre. Aussi, je veux dire qu’il n’y a pas de fatalisme à casser la vie d’hommes et femmes juste désireux de vivre de leur travail. Il n’y a pas de fatalité à ce que des sites entiers soient fragilisés par le diktat de leurs actionnaires. Il n’y a pas de fatalité à ce que meurent nos territoires. Il n’y a pas de fatalité à accepter, au nom d’un capitalisme en crise, un nouveau déclin industriel de notre pays, surtout pour site industriel rentable. Même le patron local de l’UIMM dit que 20% de rentabilité pour la Celanese, c’est exceptionnel dans la chimie où la moyenne se situe à 8 à 9%.
Depuis 10 semaines les communistes du bassin de Lacq et plus largement de l’agglomération paloise demandent par voie de pétition, avec à ce jour plus de 4000 signatures recueillies, courrier et interpellation, à Monsieur le Préfet des Pyrénées-Atlantiques qu’il agisse à la fois pour stopper la casse de Celanese mais également qu’il pèse de tout le poids de l’État afin qu’un avenir industriel se dégage rapidement pour le Bassin de Lacq. Notre proposition de nommer ce que nous avons appelé « un chef de projet » s’inscrit dans cette perspective. Sans s’attacher aux titres, nous souhaitons qu’une nouvelle impulsion soit donnée à ce bassin industriel car, si nous en connaissons ses atouts, nous savons aussi combien sont grandes les menaces, combien les risques sont importants si nous ne regagnons pas la maîtrise de notre avenir.
A l’issue d’une table ronde avec les organisations syndicales des entreprises Celanese, Air Liquide et Yara du bassin de Pardies (64), Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a avancé plusieurs propositions pour le maintien et le développement de l’emploi.
"L’urgence ici, où plus de 500 emplois sont directement menacés, et près de 2000 indirectement, par la décision du groupe texan Celanese, c’est l’engagement de l’Etat pour agir et peser pour trouver un repreneur. Avec de la volonté, c’est possible. Il en relève de l’intérêt général en France et en Europe. Je demande à Monsieur le Président de la République d’intervenir auprès de son homologue américain, lors du G20, afin que le groupe Celanese accepte de céder le site de Pardies. Il faut aussi que le ministre Hortefeux nous dise précisément qu’elles sont les contacts pris, les pistes travaillées ».
Il y a deux jours l’annonce de la fermeture de l’Usine de Pardies La Celanese tombait. Depuis le 21 janvier nous étions informés de la menace qui pesait sur l’avenir du site. Nous les communistes, avec d’autres, nous avons dès cette annonce multipliée les initiatives, mais cette épée de Damoclès est finalement tombée. 350 personnes ont comme perspective le chômage dans les prochains mois, d’autres usines comme Yara et Air Liquide sont aujourd’hui directement menacées. C’est pourquoi Jean-Luc Melenchon et moi-même nous sommes venus à la rencontre des salariés de la Celanese. D’abord pour leur exprimer notre soutien, notre solidarité, mais aussi pour dire haut et fort : la cessation de l’activité n’est pas inéluctable, bien au contraire, de solutions existent. Nous n’accepterons pas la chronique d’une mort annoncée.
Le secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez vient de déclarer qu’il fallait "tout faire" pour que l’usine Celanese de Pardies « soit reprise par un autre industriel », ajoutant, ce site ne doit pas être « simplement rayé de la carte ». Cette déclaration doit être impérativement suivie d’éléments concrets. Quels engagements de l’Etat ? Quel calendrier ? Quels droits d’intervention des salariés ? Quel partenariat entre l’Etat, les collectivités territoriales, les industriels, les organisations syndicales (...)
La décision de la direction de Celanese de fermer son usine de Pardies est inacceptable.
Rappelons nous que c’est pour gagner toujours plus d’argent que les actionnaires mettent à mal directement l’emploi et la vie de plus de 500 salariés -de près de 2000 personnes au total- et un des quatre sites chimiques du bassin de Lacq géré par Chemparc.
La brutalité de la décision est proprement inhumaine.
La direction de Total Petrochemicals France (TPF), regroupant les activités pétrochimiques, a annoncé mardi la suppression de 555 postes, lors d’un comité central d’entreprise extraordinaire. Alors que le groupe a dégagé le plus gros profit jamais réalisé par une entreprise française, en hausse de 14% sur un an avec 13,9 milliards d’euros, et que, face à la crise, il a été question d’une "moralisation du capitalisme"..., cette information a soulevé beaucoup de colère et d’indignation.
La décision du groupe Total n’est pas acceptable.